• Karin

Ponte Tresa (et sa banlieue)

C’est une balade sympa qui permet de découvrir Ponte Tresa - Italia sous un autre angle, ainsi que les villages qui la surplombent. Par contre, en retrouver le parcours sur la carte m’a donné des sueurs froides. Avant, pendant et après.



Question sueurs, sur le moment, en cette journée de juillet à plus de 30°C, elles étaient tout sauf froides. Plutôt du style poisseuses et salées, qui coulent dans les yeux, embuent mon écran et m’empêchent de cadrer correctement le sujet, même immobile.

Au risque de me répéter, les Italiens, la rando et les panneaux d’indications qui vont avec, ça fait… uno, due, tre. Accompagnés dans nos errances par nos voisins Cécile et Carlos, nous allons réussir l’exploit d’effectuer en une journée une promenade de moins de 3 heures et de ne pas trouver le sentier qui nous aurait permis de boucler la boucle. Nos copains accepteront sans broncher nos retours en arrière mais en avaient-ils vraiment le choix?

Nous nous garons près du centre de Ponte Tresa, sur la place où se tient le marché du samedi. On peut essayer de trouver un parking gratuit mais il y aura plein d’autres trucs à chercher durant cette promenade, on ne va pas chipoter.

Coupée en deux par la rivière Tresa, bordée par un bras du lac de Lugano, cette bourgade se prolonge côté suisse. Sur la partie italienne, elle ne casse pas des boulons avec un centre historique quasi inexistant, des constructions datant majoritairement des années 70 et un désintérêt total pour les piétions. Dans le top 10 des activités proposées, on y trouve le centre esthétique Happy Laser, c'est dire s'il y a matière. Néanmoins, elle est toujours animée et possède ce charme typique des villes frontières.

Le bord du lac est plus agréable, alors que nous nous dirigeons vers la petite fraction de Lavena dont le clocher de l’église émerge au loin. Nous longeons les murs peints du camping et y faisons une pause café, attirés par une table à l'ombre d'un platane et à deux pas d'une eau limpide (une journée pour effectuer une balade de moins de 3 heures, quand je vous aurais tout dit...)


Peu après le camping, nous traversons la route principale et nous égarons une première fois dans les hauteurs et une zone résidentielle éclectique avant de trouver le sentier qui nous intéresse. Il s’agit de l’ancienne ligne d'un petit train qui reliait Ghirla à Lavena, puis Ponte Tresa, entre 1914 et 1953. Il existe de nombreuses anciennes voies de chemin de fer en Italie du Nord et certaines, comme celle-ci, ont été réhabilitées en pistes cyclables et piétonnes. Nous dépassons une gare minuscule et empruntons quatre des six tunnels qui avaient dû être creusés pour permettre le passage la ligne, dont la construction dans ces vallons a représenté une prouesse pour l'époque. Peu engageantes sur les photos, les galeries s’éclairent pourtant à notre passage et presque toutes les ampoules fonctionnent. Elles sont propres et la température est parfaite pour conserver le fromage. La petite route asphaltée monte en pente douce dans la forêt et quelques bancs défraichis invitent moyennement à la contemplation.


Après avoir traversé la route principale qui mène à Varese, nous entrons dans le parc de l’Argentera, appelé ainsi pour ses richesses en minéraux déjà connues à l’époque romaine. Entre le XVIIe et le XVIIIe, quelques 18 moulins s’activaient au milieu des nombreux cours d’eau de ce versant pour moudre châtaignes, céréales et noix. Ils ont peu à peu disparu mais au début du XXe siècle, une famille bourgeoise a racheté les 5 hectares du parc, y plantant des essences locales et exotiques, y créant un petit lac et embellissant les moulins restants avec des décorations et des fresques d'inspirations diverses. A deux pas de la route et de la ville, l’endroit est aussi improbable qu’apaisant et enchanteur.


Le sentier se poursuit dans les hauts du parc, nous fait franchir la maigre rivière par l’ancien pont du chemin de fer et se termine dans le hameau de Gaggio d’où nous continuons notre parcours en suivant la route de Viconago. Sous un soleil de plomb, ce n’est pas la partie de la promenade la plus agréable d’autant qu’il y a peu à voir et des chiens à entendre. Mais le village se dessine et le panorama se précise. Depuis l’église de San Giovanni Battista, on a une vue plongeante sur le Ceresio, le rocher de Caslano et Ponte Tresa, bien sûr. Cécile rêve de trouver un petit resto italien, par chance la seule enseigne du lieu est indiquée: en bas du fossé, à côté du cimetière. Le panneau a dû bouger lors du dernier passage du camion-citerne. En traversant le village, on trouvera néanmoins un hôtel-restaurant avec vue en terrasse, qui n’a rien du petit bistrot mais où nous avons très bien mangé.


Nous reprenons notre marche en pleine fournaise, suivant la route qui descend sur Cadegliano. Comme les autres villages de la région, celui-ci a son lot de belles maisons (vides), de bâtisses modernes et pour certaines pas terminées (vides) et de quelques habitations occupées, à cette heure-ci essentiellement par des chiens de races et de tonalités diverses. Ce bled, on va finir par l'arpenter dans tous les sens en cherchant le sentier qui devrait nous amener en droite ligne sur Ponte Tresa, à travers la forêt. Cécile en profite pour choisir sa future maison, plutôt cachée au fond d'un jardin et moi, j'hésite sur la mienne, j'ai déjà un toit à gérer. Carlos partirait bien à l'aventure dans la direction où un gamin nous a dit de ne pas aller. Il est vrai que sa mère lui avait demandé de la fermer. À son gosse, pas à Carlos. Gilles, quant à lui, s'égare dans les sous-bois. De guerre lasse, nous continuons à suivre la route carrossable pour arriver sous le parc de l'Argentera et revenir sur nos pas. Sur la dernière ligne droite, nous traînons un peu la patte et n'avons plus trop l'esprit contemplatif. Cependant, tout le monde en convient, c'était une chouette découverte.

Et puis, pas de doute, on est en Italie.



Données "techniques"

Nombre de kilomètres: environ 15

Temps de marche: ça dépend 😂 (mais en moins de 3h sans pause, c'est possible)

Dénivelé: 230 m


Points clés:

  • du centre de Ponte Tresa, suivre le bord du lac

  • après le camping, partir à droite, via Ribolzi

  • à droite toute, via delle Rimembranze

  • sur la grande route (via Marconi), revenir pour quelques mètres seulement en direction de Ponte Tresa jusqu'à trouver à gauche la via Bona (et là, c'est rigolo, des via Bona il y en a plusieurs! Il faut donc viser la principale puis chercher le début du chemin sans nom qui doit se situer à gauche. Ou dénicher le panneau de la piste cyclable. Ou faire comme nous, demander son chemin.)



  • si vous vous trouvez sur une étroite route asphaltée et entrez dans un tunnel peu après, c'est que vous êtes sur la bonne piste. On est tranquille un moment.

  • traverser la grande route, entrer dans le parc de l'Argentera. En continuant à monter on arrive à Gaggio.

  • monter sur via Arbizzo puis via Provinciale

  • après l'église, suivre à droite la via Viconago jusqu'à... Viconago

  • revenir un peu un arrière et prendre la via Provinciale qui descend sur Cadegliano

  • traverser le village et à la hauteur de la via Pellini, on peut éventuellement chercher le sentier mystère

  • ou continuer à descendre sur la via Provinciale qui arrive sous le parc de l'Argentera. On franchit à nouveau la grande route et on revient sur nos pas.

  • si jamais, le camping ne se traverse pas, même en faisant semblant de chercher les clés du bungalow.


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