• Karin

On dirait le Sud

L'or blanc s'est installé chez nous de façon durable depuis début décembre.




Mi-décembre. Pause couleurs avec Lausanne-Lumières après avoir franchi le tunnel du Gothard et des murs de neige côté sud.


De retour ici, quelques jours de répit nous permettent d'effectuer le tour du Monte Caslano mais pas tout seuls, bonjour M’sieurs-Dames (enfants, chiens, ados, touristes, poussettes, vélos, joggeurs, canards..) Faut dire, il n’y a pas grand chose d’autre à faire sous nos latitudes que quelques foulées sur les rares bords de lac où l’on peut encore se rendre. A dix mètres, sur l'autre rive, l'Italie nous est à nouveau interdite depuis… Je ne me souviens même plus. Octobre, je crois.




Fin décembre.

Il neige.

Je n’avais jamais vu Lugano dans ce décor. Et je ne sais si c’est ce qui m'interpelle le plus, ou si c’est la file d’attente pour entrer chez Manor qui peut accueillir 700 personnes alors qu’à quelques pas le Musée d’Art, immense, a néanmoins dû clore ses portes. Via Nassa, on dégotte un hôtel-restaurant qui propose du vin brûlé (du vin chaud, mais je suis bilingue) et on attend notre gobelet à emporter en tapant des pieds mouillés sous l’auvent où tout le mobilier de terrasse est barré de rubans noirs et jaunes de scène de crime. Humour local mais qui démontre bien le paradoxe de la chose. Il faut user de créativité et de patience pour dénicher une boisson qu’on ingurgitera debout sous un porche les bottes dans la gadoue mais s’entasser dans des escalators pour aller voir le nouvel iPhone ou acheter un masque en strass reste dans le domaine du possible. Sur la Piazza della Riforma un sapin grandiose s'élève majestueusement et il est bien seul. Avec les banques.




Bon d'accord, contrairement peut-être aux photos mon texte ne vend pas du rêve. Ça doit être parce que nous avons commencé la nouvelle année comme nous l'avons terminée.

Avec de la neige.

Et plein d'autres trucs aussi mais j'ai pas trop envie d'en parler et il parait que ce sont les mêmes pour tout le monde.

Donc le 1er janvier au soir, il neige. Le 2, il neige. Le 3 pareil. Le 4... A moins que ce ne soit le brouillard....




Equipée comme une touriste hindoue au Canada, mes promenades deviennent malaisées et il a fallu que j’arrive ici pour songer à acquérir une paire de raquettes.

Car pour tout vous dire, la neige, je trouve ça joli quand ça tombe, ensuite c’est sympa un jour ou deux mais au bout d’un mois cela aurait tendance à me rendre neurasthénique. Et lorsque je me lève pour constater la couche supplémentaire, je fais un peu la gueule de mon Chaï.



Bon, c’est celui de ma fille, mais j’en ai la garde. Elle me l’a prêté parce qu’au Tessin, le temps est plus clément.