• Karin

Balade au bout du lac


Il se produit parfois de petits miracles sur les réseaux sociaux. Mais oui. Je l'admets. De commentaires en messages privés, puis en mails, un vrai contact s'est établi entre une photographe genevoise et moi via Instagram. C'est pour une deuxième rencontre au sommet entre nous deux que j'ai pris ma voiture, ce matin, afin de me rendre à Genève.

Pour ceux qui savent de quoi je parle, cette dernière phrase est déjà lourde de sens. "Voiture" et "Genève" sont deux mots qui ne peuvent bientôt plus être associés, en tout cas pas si l'on tient à équilibrer ses chakras et éviter les ulcères à l'estomac.

Je pars de chez moi un peu à la bourre et me retrouve bien évidemment coincée derrière le camion-poubelles, puis tous les tracteurs du canton. Après une vingtaine de kilomètres, je réalise que j'ai oublié le paquet destiné à ma copine et je tente de tempérer mon agacement envers la grande saucisse que je suis, afin d'éviter de créer un accident et un nouveau bouchon sur l'échangeur de Villars-Sainte-Croix.

N'étant pas d'un naturel très patient, ni tolérant surtout au volant, c'est bientôt sur d'autres que moi-même que je vais pouvoir décharger ma hargne. Car à n'importe quelle heure, l'autoroute Lausanne-Genève semble réunir tout ce que la Romandie et ses alentours possède en conducteurs lamentables. Il y a ceux qui pensent avoir loué la piste de gauche d'un chef-lieu du canton à un autre. Ben oui, quoi, ils paient des impôts!. Ceux qui plantent sur les freins devant les radars alors qu'ils roulent déjà 10 km/h en-dessous de la vitesse autorisée. Oh, cette indécrottable peur du gendarme! Ceux qui hésitent un certain temps avant de dépasser la bétaillère devant leur nez. J'y vais? J'y vais pas? J'y vais? J'y vais pas. J'y vais! Et hop, un petit décrochement intempestif qui fait piler tout le monde avec des répercussions jusqu'au contournement de Berne. Les mêmes indécis qui ensuite prennent un tel temps à doubler qu'on pourrait se demander s'ils n'envisagent pas de pique-niquer là dans la foulée. Ceux qui collent au pare-choc pour dépasser alors que devant, il n'y a qu'une longue file cahotante de bagnoles. Et qui vont jusqu'à faire des appels de phares. D'accord, je suis teigneuse au volant, mais pas à ce point-là. D'ailleurs, ce genre de comportement relève de l'irrémédiable déclin de la race humaine, et non de l'agacement à l'égard de son prochain.

Arrivée à l'entrée de la Cité de Calvin (ah, la culture !), il est dix heures et j'ai épuisé mon stock de noms d'oiseaux. Mais ouf, je n'aurais finalement que 5 minutes de retard. Par contre, le paquet oublié dans mon salon n'est pas revenu se poser sur le siège arrière, comme par miracle.

De miracle, il ne s'en produira pas non plus pour atteindre la gare Cornavin depuis la sortie du lac en moins de 40 minutes (5km). Longs sont-ils ces instants où rien ne se passe, où je commence à avoir mal au pied à force de jouer sur les pédales, où j'en suis réduite à pousser la clim. Ce n'est pas possible, on n'avance pas. Il y eu un accrochage, les TPG sont en grève, ce ne sont pas les fêtes de Genève? Peut-être que Donald Trump se balade sur les quais ou qu'une alerte à la bombe vient d'être revendiquée par les antispécistes au Palais des Nations.

Ce n'est qu'un feu de signalisation. Un simple feu tricolore. Qui a une nette préférence pour le rouge, au détriment du vert. Quatre voitures parviennent à passer par phase. Trois, si celui qui est devant ne parvient pas à décoder son GPS. C'est tout droit, on te dit ! Bienvenue à Genève, sinistre automobiliste.

Lorsque je retrouve enfin mon amie, elle n'a tout juste pas séché sur pieds.

Je vous fais cadeau de mon trajet du retour sur le coup de 17h45. D'accord, je sais, lorsque j'y retournerai, je prendrai les transports publics. Cela me coûtera la modique somme de 70 balles, en n'ayant même pas l'assurance de pouvoir m'asseoir durant l'heure et demie du trajet et d'éviter les pannes et les retards.

Sinon, la journée fut belle, la re-découverte de la ville magique et l'échange riche. Est-ce le fait que je me sois promenée dans les pas d'une photographe? Je trouve que je ramène de jolies prises de vue depuis cette commune du bassin lémanique qui n'est de loin pas ma préférée.

Je suis rentrée chez moi pleines d'images et de mots vrais. Et avec deux magnifiques photographies encadrées, dont l'une a une histoire particulière.


J'adore l'expression de ton chat, Emma ! #chattropmignon#chatétonné#chatsceptique#interrogations#oùvaisje#quisuisje#sensdelavie#parquetmagnifique#aloevera

#aloeveraenplastique#ellealairvachementvraie#quandmême


Ils sont pas drôles !


Le voilà ! Le fameux, le superbe, le fier, l'intrépide, l'érigé jet d'eau.


L'avantage des bouchons sur l'autoroute Genève-Lausanne, c'est que l'on peut prendre des photos. Et l'avantage de l'avancée technologique, c'est que ça peut donner quelque chose même à travers un pare-brise dégoutant.


Emma, j'ai trouvé sa place ! J'espère que tu ne m'en veux pas de t'avoir placée parmi les poules, mais j'adore les poules !



Rencontre

Photographies du mannequin, du vélo et bien d'autres sur le compte Instagram https://www.instagram.com/image_sors_de_ta_cage/


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