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  • Karin

Procrastination



On est le 18 décembre et cela fait une semaine que mon sapin attend ses fanfreluches sous le porche de la maison. Je ne peux pas me plaindre, il est d’un naturel très patient. Tout le contraire de mon coach privé qui, du haut de ses presque 16 ans me fait insidieusement remarquer que c’est la première fois que l’on a autant de retard sur l’allumage.

Ça oui, je ne peux pas le nier, cette année, je n'ai encore rien de prêt. Je ne sais plus dans quelle boîte sont les lumières, je n’ai aucune idée d’une quelconque décoration déjantée et sans rapport aucun avec la sauce que je pourrais imposer à mes invités le 24 au soir et quelques cadeaux en déshérence traînent dans leurs sachets d’origine à défaut de pouvoir prendre place sous le sapin qui n’est pas prêt.

Vous êtes comme moi, quand vous partez le matin, il fait nuit et quand vous rentrez le soir, je vous le donne en mille, il fait nuit aussi. Cette année, entre les impératifs professionnels et les tentatives de sociabilisation, je n’ai pas trouvé le temps, ni le courage, ni l’envie de me battre avec le chat pour accrocher des boules en bouts de branches, activité qui, si on y pense, est relativement tarte.

J’ai eu l’esprit également préoccupé par des trucs très stressants, comme de constater impuissante de la manière dont l’application commentaires sur ce blog beugue de façon compulsive. Dans un premier temps, ils ont tous été mis sur chaque billet, si bien qu’une ourse n’y retrouverait pas ses oursins. Puis, ils ont subitement disparus dans de sinistres limbes, faisant ainsi croire à la terre entière et surtout à mon ego que personne ne me lit jamais.

Guirlandes en attente ou pas, ça prend du temps, tout ça. Peut-être que j’en perds également beaucoup en étant incapable de me contenir. A la base, ce billet devait simplement s’appeler « Blog en pause », constatez par vous-même ici à quoi cela devait ressembler


Et me voici en train de vous raconter depuis une demi-heure pourquoi je n’ai pas décoré le sapin au lieu d’aller le décorer de ce pas. Et tout est comme ça, c’est une véritable maladie. Lorsque je participe à la Photo du Mois, je devrais me contenter d’éditer une photo, mais non, voilà que je déblatère prenant des plombes. Je suis même incapable de me contenir dans mes sms alors que je pourrais simplement me contenter d’un « LOL bisous ».

Au point où j’en suis, je vais encore perdre du temps en précisant aux tatillons de notre époque formidable que oui, effectivement, il s’agit d’un vrai sapin, d’un être vivant dont on a cruellement stoppé la croissance en tranchant dans le vif du sujet. Mais de vous à moi, le sapin en plastique, je n'ai jamais pu m’y faire et je ne suis pas sûre qu’éthiquement parlant, il soit beaucoup mieux d’importer depuis la Chine un parapluie branché fabriqué par des ouvriers exploités plutôt que d’aller acheter à Curtilles un arbre cultivé par mon paysan préféré. Sinon, de temps en temps, je mange des trucs qui proviennent de porcs honteusement égorgés. Et comme aucune prescription médicale ne m'impose de me nourrir sans gluten, je ne me gêne pas de m'en ingérer ma dose quotidienne. Eh oui, désolée, chez moi il y a comme ça des traditions sanguinaires dont je n’ai pas encore pu me débarrasser.

Sur ce, et avant que cela s’envenime, je vous laisse, j’ai du boulot.

#bazar