© 2017 par Cas'Arte

  • Karin

Street Art



Si le street art est un de mes sujets photographiques de prédilection, le choix de cette image s'est assez vite imposé car elle reste ma préférée.

Petit retour dans mes archives, août 2015, dans le quartier de Çukurcuma à Istanbul, à l'heure où l'on pouvait encore apprécier cette ville incroyable sans crainte des attentats. Juste avant.

Le quartier de Çukurcuma, loin des foules des grandes artères, un brin bobo, regorge de brocanteurs aux vitrines incroyables et de graffitis de ce style.

De quoi vous placer discrètement ici la différence entre tag et graffiti. Le tag est une signature et n'est pas forcément beau. Pour autant que l'on possède un bon marqueur ou un Opinel, tout le monde peut s'improviser tagueur. Partant du principe que, comme disait ma grand-mère, le nom des fous s'écrit partout, le tagueur va marquer son territoire à la manière d'un félin qui urine sur tous les murs. Par contre, n'est pas graffeur qui veut. S'il a lui aussi pour objectif d'être vu par un maximum de personnes, le graffiti a également une visée esthétique et ne se réalise pas en trente secondes, même avec de bons aérosols pour carrosserie, de ceux qui furent utilisés au tout début du mouvement dans les métros new-yorkais. Et hop, ni vu, ni connu, j'ai pu recycler une partie de mon cours sur le street art préparé pour mes élèves de dessin. Et il y a fort à parier que vous êtes un tout petit peu plus intéressés que mes ados. En tout cas, vous ne m'interrompez pas pour me dire que votre voisin vous a fait un geste avec le doigt du milieu de sa main gauche. Non pas qu'il soit gaucher, mais avec sa main droite, il est occupé à griffonner des attributs masculins sur sa table. Objectif atteint, me direz-vous, l'expression est en marche.

Le street art ne se limite pas aux graffitis mais peut prendre aussi la forme d'installations diverses en milieu urbain, comme l'emballage de bancs publics dans des couvertures en crochet, la suspension de cages entre deux rangées d'immeubles ou comme les innombrables barrières rouges et blanches en ville de Lausanne (ah non, oups, ça c'est des travaux !)

Pour en revenir à Istanbul, si la ville n'est à priori pas connue en premier lieu pour son street art, elle se targue de posséder quelques oeuvres intéressantes et a même une page Facebook dédiée au sujet. En 2003, non loin du quartier de Çukurcuma, Doris Salcedo, une artiste plasticienne colombienne, empile quelques 1600 chaises entre deux immeubles vides, afin de symboliser la déportation de ses habitants grecs et juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Caramba, encore raté ! Je m'étais dit que sur ce sujet, je privilégierais la photo sur les mots et ne m'octroierais qu'une ligne de légende. Mais c'est terrible, je ne peux pas m'empêcher de blablater. Faites-moi taire et privilégiez l'image

- en allant jeter un coup d'oeil sur les chaises de Doris Salcedo lors de la Biennale d'Istanbul

- en découvrant la version dessinée de ce graffiti et d'autres griffonnages sur le post Istanbul

- et surtout en allant voir les productions des membres du groupe ci-dessous.

Sur un thème proposé par Who cares? (http://who-cares.fr/) mes comparses de la Photo du Mois, qu'ils vivent en grotte ou en ville, se lancent également dans le Street Art.


#photodumois #art #voyage #unpeuplusloin