• Karin

Semaine touristique (n°10)

J'ai profité de la présence de Cunégonde, Gilles ne parvenant pas encore à marcher trop longtemps, pour découvrir de nouveaux endroits de ma région. Lorsque nous venions là en vacances, nous avions nos petites habitudes et routines faisant que nous nous rendions toujours sur les mêmes lieux. J'ai encore un certain nombre de sites inédits à découvrir et pas si loin d'ici.


Un des grands classiques reste tout de même le café ou l'apéro bu sur la terrasse du laghetto d'Astano. Nous nous y rendons à pieds pour mériter la glace ou la boisson que nous dégusterons au bord de l'eau, en contemplant les truites qui déambulent non loin et dont l'une ou l'autre ne manquera pas de finir au bout d'une ligne. Dans ce petit lac, on peut aussi se baigner, si on aime la vase et ne pas voir les épaves qui gisent peut-être au--dessous de nos gambettes gigotantes. Et on peut pêcher la truite et payer son écot à la sortie. Dimanche, c'est par ce lieu qu'il nous plait de voir réouvert que nous commençons nos escapades. Les gérants sont sympas, la clientèle est encore majoritairement autochtone. Les distances entre les tables de quatre ont été mesurées mais les Tessinois restent des gens du sud. "Ciao, Ettore! Ciao, ciao Fabia!" et les chaises se rapprochent imperceptiblement.



Lundi de Pentecôte nous nous rendons sur la colline du Parco San Grato et son jardin botanique non loin de Lugano.

Nous avons raté la majeure partie de la floraison printanière mais le parc reste magnifique. On peut y choisir plusieurs parcours: botanique, relax, artistique, sensoriel. Nous avons pris le panoramique afin de profiter de la vue sur le lac, la digue de Melide, le San Salvatore et le village de Carona.




Une halte s'impose au retour pour voir de plus près le beau village de Carona. Et pourquoi pas boire une gazzoza à la mandarine sous la glycine du ristorante della Posta où le personnel semble avoir été dépassé par le service de midi. Comme si après plus de deux mois, ils n'avaient plus l'habitude de voir du monde. La patronne débarrasse les tables en granit surchargées avec le mégot aux lèvres et nous fait comprendre que maintenant, elle aimerait qu'on mette les bouts, on ferme.


Ci-dessous, en cliquant sur la flèche noire à droite, vous obtiendrez un diaporama. C'est pas très clair, c'est Wix.







J'ai aimé les couleurs de Carona, l'architecture, le bordel assumé autour de certaines maisons. J'ai aimé la vieille fontaine publique avec le savon de Marseille posé sur une pierre et les oeufs en self-service où tout est écrit en italien. Par contre, sur la terrasse de l'hôtel-restaurant où la carriole de glaces était pourtant fort sympathique, j'ai refusé d'aller car la carte était rédigée uniquement en allemand. Entière, moi? Pourquoi?




Mardi, c'est une partie de Lugano qui m'est inconnue que je souhaite découvrir, à savoir la Foce del Cassarate, une sorte de Jetée de la Compagnie tessinoise. Situé à l'extrémité du Parco Ciani à l'embouchure de la rivière Cassarate, cet endroit est très fréquenté dès l'après-midi et jusque dans la nuit. Il est devenu LE nouveau lieu à la mode et on en a beaucoup parlé par ici ces derniers temps car il a dû être fermé pour cause de trop forte affluence. J'ai d'ailleurs remarqué que même dans les médias romands, lorsqu'on parle du Tessin on peut voir maintenant des photographies de la Foce.





L'idée d'y venir le matin pour mes propres images était bonne mais j'y retournerai à d'autres moments, plus animés, même si je ne suis pas certaine d'y filocher mon maillot de bain sur une palette. Nous avons bu un expresso à l'Antica Osteria del Porto avec sa déco hallucinante autant à l'extérieur, sous l'ombre des platanes et la guinguette, qu'à l'intérieur où tous les murs sont peints avec des portraits de personnalités et des citations.





C'est en traversant à nouveau le Parco Ciani que nous avons ensuite regagné le Lugano que l'on connait, aux alentours de la piazza della Riforma et en évitant la via Nassa. Sur les quais, un loueur de pédalos effectue l'état du stock, ça rouvre bientôt, dommage qu'ils annoncent moche.



Le temps attend samedi pour se gâter sérieusement. Le matin c'est par un ciel couvert que nous visitons le Parco Scherrer à Morcote. Je préfère presque cette atmosphère qui rend à cet endroit-ci le lac de Lugano turquoise.


Hermann Arthur Scherrer, un riche commerçant, a donc acheté une demeure à l'entrée de Morcote. Dès 1930, il a aménagé son hectare de parc valloné en y recréant l'ambiance de ses nombreux voyages d'affaires. D'une part grâce aux essences qu'il y a apportées mais aussi en construisant de petits édifices exotiques comme des temples grec et égyptien, une maison siamoise du thé, des édifices arabes ou indiens.


Le parc a réouvert ses portes aujourd'hui et propose une visite gratuite jusqu'à fin août. C'est seules que nous nous promenons dans ce lieu splendide et atypique, passant du jardin méditerranéen au paysage asiatique, même si le bambou par chez nous n'est plus trop considéré comme exotique, mais plutôt comme une mauvaise herbe, comme le palmier d'ailleurs.






De là où nous nous trouvons, nous continuons jusqu'au village de Morcote, toujours aussi beau, même si l'unique route qui le traverse n'est pas idéale pour les piétons. Une barque tessinoise, un verre sur une terrasse sur pilotis, une famille de canetons, je suis contente, on peut rentrer.





Dimanche, un déluge s'abat sur le Malcantone, la plaine ne gère plus ses eaux, des arbres se sont abattus sur des routes, notamment celle qui nous a menées à Morcote, des coulées de boue ont envahi la Foce del Cassarate. Par chez nous, rien de plus grave qu'un petit Chouchaï mouillé et ronchon. On aurait pourtant bien voulu que cela nous fasse tomber la ruine, un petit peu seulement, sans faire trop de dégâts à côté et sans tuer de lézard. Parce que pour la démonter, il faut un permis, qu'on peut mettre jusqu'à deux mois à obtenir. "En temps normal, hein... précise le technicien communal.

Pff.



Dans les temps morts, on réaménage la cuisine. On a eu une brève période cerises des voisins. On ne sait plus quoi faire de nos salades. Les raviolis poussent bien, mais restent un peu rabougris. J'ai une nouvelle cigogne en face de chez moi. On a eu la visite de Gérard, le renard. Les ouvriers ne sont pas revenus, pourtant il a fait relativement beau, mais il y avait un lundi de moins dans la semaine. Peut-être qu'ils font le pont jusqu'à jeudi prochain, c'est la Fête-Dieu. Je me suis fait traiter de sorcière par ma fille depuis que je touille plein de casseroles en tentant de l'eau de roses, des arrangements floraux, des sirops de basilic, des pétales de roses confites, du thé froid maison et de la confiture de roses.

- Et des trucs normaux, tu sais faire?

Yamamoto est vite mouillée, mais elle sèche vite également. Même si elle se pose en victime, il ne faut pas la croire.