• Karin

Quart de tiroir

Ma grand-mère gardait tout ce qui portait une trace d'écriture depuis les étiquettes pour les cadeaux à Noël jusqu'aux faire-part de décès. Il y a quatre ans, Cunégonde et moi avons découvert des dizaines de lettres soigneusement conservées avec leurs enveloppes. Il s'agissait de la correspondance que s'étaient échangée mes grands-parents pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Cette histoire-ci est à lire dans la Boîte.


Au grenier, j'ai encore un tiroir entier de correspondance à trier, bien mélangée car je me souviens que nous y avions déjà lancé un premier coup d'oeil. L'autre soir, je me suis penchée avec l'aide de mon père sur un septième de la collection mais "quart de tiroir" sonne mieux que "septième de tiroir" et on va pas chipoter.


Parmi les cartes postales que j'ai gardées figure bien sûr la montagne.



A gauche, nous avons une magnifique vue des Diablerets déplumés et du tea-room La Printanière en 1964 dont le numéro de téléphone est le (025) 6.41.70

A droite, Sestrières, 1960, dont on indique au dos qu'il s'agit d'une vraie photographie. Je ne sais pas trop ce que cela signifie, si l'on peut éclairer ma lanterne. Que la carte postale était un tirage photo?


Ensuite, nous avons le bordu et les ports.



Lausanne-Ouchy, 1983



Evian-les-Bains, 1939 (vraie photographie)

La Ciotat, 1934

Marseille, le Vieux Port, 1948

Dans la série, ça ne sera plus jamais comme ça.


Lugano et le pied du San Salavatore en 1977 sans les horreurs architecturales qui l'ornent maintenant.

Notre-Dame, Paris, 1984

Je suis prête à parier quand dans un prochain quart, j'en trouve une des Twin Towers.



E la nave va.

Paquebot l'Invicta, Pas-de-Calais, années 50 et "vraie photographie" d'un bateau à Gênes, date inconnue.


J'ai conservé quelques cartes rien que pour les véhicules d'époque.


Santhià, 1967 et Cigliano, 1957. Deux villes du Piémont.


Viennent ensuite quelques cartes désuètes qu'ont reçues mes grands-parents lors de leur mariage en 1940.


Photographiées avec l'un des plus gros hortensias que je n'ai jamais vus dans mon jardin.


Un télégramme (un quoi? lol ) de félicitations, toujours à la même occasion.




Une lettre des bonnes Soeurs de Sala Biellese, en Italie, village d'origine de ma grand-mère. Celles-ci ne manquent pas de signaler : "Il est bien connu que la vie conjugale n'est pas sans épines. On peut la faciliter avec l'aide du Seigneur qui ne manquera certainement pas d'intervenir auprès de ceux qui se confient en Lui." Je me suis rendue dans la chapelle du hameau pour réaliser ma photographie. Indécrottable païenne, je n'ai confié à personne, ni à Jésus, ni à Marie, les épines et les roses de ma vie conjugale. Par contre, j'adore entrer dans les églises, admirer certaines oeuvres, respirer les ambiances et parfois, allumer un cierge pour ma grand-mère.


Amen.

Je garde bien sûr la lettre de mon arrière-grand-mère qui annonce de façon très abrupte et succincte qu'elle ne pourra pas venir au mariage. Connaissant l'enfance cahotique de mon grand-père, les mots employés par la mamma se comprennent un peu mieux.




On saute une génération pour l'instant. Dans une enveloppe sont conservés des dessins et des petits mots émanant principalement de mon frère et moi. A l'époque, le dessin, ça n'était pas mon truc et surtout le coloriage à voir. Mais bon, j'avais 7 ans.


On reconnait, non? Surtout le chat.


Papier à lettres années 70, début 80.




Dessins inspirations Sarah Kay, Peyo, dessins animés et je m'emmerde aux cours.



Une écervelée à Venise... Figuratevi ! on allait à Venise en voyage d'études au collège à 15 ans!



Et pour terminer ce quart, la preuve que j'étais déjà très bavarde en écriture au siècle dernier.



Pour ce billet pourtant, vous en conviendrez, je me suis tenue assez bien coite. Je vous retrouve peut-être au prochain quart.