• Franssois

Non c'est faut

C’est fou ce que les gens parlent mal, vous ne trouvez pas? Et je ne parle même pas de leur manière d’écrire et surtout de l’orthographe, il n’y a qu’à se référer au titre.

Alors si vous ne trouvez rien de spécial dans mon titre, vous avez une excellente raison de lire cette chronique (et dans chronique y’a chro… oui c’est bon Franssois, ça c’est déjà du passé, tu ne vas pas nous gonfler avec ça longtemps non? faux avancer maintenant!) Pour les z’ôtres qui ont déjà vu 3 fautes depuis le début, vous c’est différent, alors lisez-la quand même. Merci d’exister ami lecteur et merci la vie.

Oui tout fout l’ camp mon bon Monsieur. Je crois que j’adore encore plus quand on me dit: «Non moi je crois que je cause juste.» C’est incroyable les mauvais termes utilisés et les tics de langage (ce sera l’objet d’un autre post). Pourtant la langue française est formidablement riche. L’école a peut-être encore sa raison d’être, qui sait? On a bien fait de déconfiner.

Heureusement certains ont encore le doute sur leur manière de parler un français correct et se disent que s’ils écoutent la RTS, ils pourront progresser. Horreur malheur, ce n’est pas d’bol mais le Conseil Fédéral a envoyé Guy Parmelin pour venir parler au Téléjournal. Ça sent la théorie du complot.

Pourtant il reste une frange de la population qui a encore quelques excuses, ce sont les enfants, puisqu’ils sont en phase d’apprentissage. Et ils apprennent par les enseignants et surtout d’abord par leurs parents. Mais quand les géniteurs eux-mêmes ne s’expriment pas bien, cela devient difficile.

Combien de fois me suis-je retenu, dans les transports publics ou la foule anonyme, de dire à ces mamans (ou papas, mais oui on se calme) qui parlent à leur progéniture: «Non ce n’est pas ce terme, ce n’est pas cela le bon mot, c’est une faute de langage.» Mais on n’ose pas. Vous z’osez vous? Moi pas.

Dans le même genre, avez-vous déjà vécu la situation suivante? (pas besoin de répondre, déjà c’est un texte et je ne vous entends pas vous savez? et en plus je suis SÛR que cela vous est arrivé): vous entendez une discussion et une des personnes cherche un nom: «Dis donc, à propos de Phil Collins comment il s’appelle déjà le premier chanteur de Genesis, c’est pas Peter quelque chose?» Première horreur, vous VOUS SAVEZ! Vous avez juste envie de leur hurler la réponse afin de mettre un terme à leur souffrance… et à la vôtre surtout! Là où cela empire, c’est lorsque l’autre clame haut et fort: «Ça y’est, je sais, j’ai trouvé, c’est Peter Falk! » là c’est limite la crise d’épilepsie, vite un auto massage cardiaque c’est trop bête de finir sa vie dans un bus à cause d’abrutis… confondre l’ange Gabriel avec Colombo… enfin pour moi c’est pire. Bref, revenons à la langue de Molière parlée par des enfants.

Vous voulez un exemple? Eh bien j’en ai un tout chaud sous le coude. Et je dois avouer que cette fois, je n’ai pas pu me retenir. C’était pour rendre service mais aussi dans un but éducatif que je me suis permis d’intervenir, je vous raconte:

J’étais dans le train, il y de cela quelques années (un temps que les gens qui n’ont pas connu le confinement ne peuvent pas connaître) dans la région d’Yverdon et on voyait défiler la campagne de notre merveilleux plateau vaudois. En face de moi, une maman accompagnée de ses deux enfants. Elle avait son bébé dans les bras en train de lui donner un biberon côté couloir et, côté fenêtre, un garçon plus grand, dans les 2 ans voire et demi à tout casser. Mais il parlait déjà un peu. À un moment donné, il vit en même temps que moi un héron dans le champ et s’écria: « Maman… tapon, tapon » en pointant son doigt en direction du héron! La maman bien occupée avec son bébé releva la tête un peu tard, ne put voir l’oiseau en question et demanda « Qu’est-ce qu’il y a mon chéri, qu’est-ce que tu as vu, je ne comprends pas? » Devant son désarroi, je me mis en devoir d’expliquer en même temps à la maman et au petit chéri ce qu’il en était:

« Héron »… « héron, petit…. pas tapon! »

Bèkèbatschi les zamis.