• Franssois

Les bottes

Je viens de regarder les nouvelles et l’allocution de l’ami de Karin (donc Alain Berset, vous aurez traduit, je ne sais pas ce qu’elle lui trouve du reste). Alors comme ça, on va reprendre l’école dès le 11 mai et tout le monde se demande si ce n’est pas un peu tôt. Et puis pour garder la distance sociale, ça ne va pas être simple simple, surtout avec les petits d’école enfantine. Je sais, normalement on dit 1P maintenant mais je préfère dire école enfantine (vous pouvez en déduire que je suis de l’ancienne génération, donc plus de 50 balais au minimoum mais juste pas encore personne à risque donc moins de 65 et je ne touche pas encore la Vé esse).




Et puisque les écoles vont rouvrir, laissez-moi vous raconter cette jolie histoire qui se déroule justement en école enfantine, on est au mois de décembre et il fait froid.

La maîtresse se met en devoir d’aider le petit Jacques afin qu’il puisse enfiler ses bottes. Comme ça il pourra filer à la récré, et elle aussi, son café c’est sacré. Mais ça ne va pas tout seul, elle tire, elle pousse, elle demande à Jacques de l’aider mais il ne sait pas trop comment faire. Au bout d’un moment, après avoir bien transpiré et passé 3 ou 4 minutes à enfiler ces bottes, elle y est enfin arrivée. Elle demande à Jacques:

- Tu es sûr que ce sont tes bottes?

Ce à quoi Jacques répond:

- Non, c'est pas mes bottes!

-Eh ben, tu aurais pu le dire plus tôt, non?

Et la maîtresse déjà un peu énervée et qui voit sa récréation lui passer sous le nez, entreprend de lui enlever ses bottes. Ce n’est toujours pas facile, il faut à nouveau tirer, tordre, pousser dans tous les sens, c’est à peine plus rapide que pour les mettre. On a beau être dans le hall à côté de la classe qui n’est pas chauffé, la maîtresse a quand même très très chaud. Elle lui dit:

- Alors, elles sont où tes bottes?

- C’est pas mes bottes, c’est celles de mon frère mais il a grandi et ma maman m’a dit que c’est moi qui devais les mettre maintenant...

A ce moment précis, la maîtresse ne sait pas s’il faut hurler, crier, cogner ou que sais-je encore mais dans un élan et sursaut surhumain, mû certainement par la conscience professionnelle qu’elle a développée durant sa carrière, elle se remet à l’ouvrage tout en sachant que son café attendra demain.

Elle recommence, s’énerve. Elle ne sait plus comment s’y prendre, mais elle pousse, elle repousse, elle arrive à grand peine et après plusieurs minutes, c’est fait. C’était un combat, de titan même, mais elle a fini par le gagner! Ça y est, mission accomplie dans la douleur, mais accomplie, il lui restera quand même un petit bout de récré, elle le mérite bien!

- Bon, Jacques, on a enfin réussi à enfiler tes bottes.

- Merci maîtresse.

- Mais bon, il fait froid dehors, alors on doit encore mettre tes gants. Ça, ce sera plus facile. Ils sont où tes gants?

- Ma maman m'a donné un bon truc et un bon endroit pour ne pas les oublier ni les perdre.

- C'est très bien Jacques, ta maman est prévoyante. Il est où cet endroit?

- Au fond de mes bottes, maîtresse!


Tchô bonnes m'sieurs dames.