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  • Karin

Les belvédères de Marzio

On ne peut pas tout avoir. Je ne bénéficie pas d'une vue plongeante sur la vallée depuis les fenêtres de ma véranda, par contre j'aperçois une fraction de colline et deux antennes qui me font de l'oeil depuis un moment. Alors, voilà, j'ai voulu y aller pour voir si j'y étais.

Pour cela, on traverse la frontière, on serpente sur une petite route depuis Ghirla et on se gare à l'entrée du village de Marzio au lieu-dit Scima Forcura. Ici, à l'orée du bois et devant une maison en pierres ornée d'une fresque, il est écrit qu'il est interdit de déposer ses ordures mais pas sa voiture de paysan.

À droite de la chapelle, on suit le sentier indiqué qui grimpe sec sous des poteaux électriques, en ayant assez vite l'impression que ce n'est pas le vrai chemin et que le panneau a été tourné. Mais après quelques mètres à brasser dans les feuilles mortes au fond d'une sorte de tranchée, on va trouver quelques traces rassurantes sur les arbres. Peu après, le chemin se sépare en deux. On choisira d'instinct celui qui part à gauche, le 5C.


C'est ainsi que l'on arrive au premier belvédère, qui est en fait le quatrième mais on le comprendra plus tard. Chi se ne frega, celui-ci se nomme Belvedere Monte Rosa pour sa vue sur la montagne homonyme. Mais aujourd'hui, le Mont Rose et la pointe Dufour sont encapuchonnés dans les nuages.


On est maintenant au sommet de la colline que l'on va arpenter relativement à plat. Quelques résidus de neige s'attardent sur les feuilles, le gel fige la bauge des sangliers et on aperçoit derrière les arbres le Monte Generoso. On arrive assez vite auprès d'une clairière, une petite cahute en bois peint émerge au loin et les chemins se séparent à nouveau, sans plus d'autre indication. Chose relativement normale en Italie, au début on te fait croire que c'est balisé et ensuite il faut te débrouiller en regardant la mousse sur les arbres. D'instinct encore, on préférera aller à gauche et continuer à progresser au sommet de la colline. Et ah! ouf! alors que le sentier rétrécit et que je commence à douter, le balisage réapparait.


Nous les avons longuement cherchées au loin, nous arrivons enfin à la hauteur des deux antennes et d'une installation qui ressemble à un panneau de basket géant. Sur une petite place, on trouve des bancs et une vue sur la vallée de la Tresa, le Lema et les villages du Malcantone, dont le nôtre et ma véranda, là-bas. Ici trône également la Madonna degli Alpini, chargée de protéger les chasseurs alpins ainsi que leurs foyers.


Un circuit de piste Vita part derrière la statue et nous allons le suivre en sens inverse, en continuant sur le large chemin qui descend à gauche de la Madone. Nous atteignons ainsi le belvédère baptisé Secondo Belvedere, en référence certainement au premier que nous trouverons plus tard, tout deux appelés ainsi parce qu'ils devaient être en fin de séance communale lorsqu'ils ont décidé d'y planter des panneaux. Pourtant, depuis ce promontoire, on surplombe le rocher de Caslano, le Ceresio et les Préalpes tessinoises, il y aurait eu de quoi se creuser à peine plus les méninges. D'ici on aperçoit également quelques vestiges de tranchées et de postes d''observation de la Linea Cadorna, une ligne de fortifications construite avant la Première Guerre mondiale et jamais utilisée.


Toujours sans indications très claires, nous continuons à suivre le large chemin jusqu'à le quitter pour descendre un peu sur la gauche, ciblant le sentier 5C. Ainsi, toujours sur le tracé de la piste Vita, nous arrivons au premier belvédère où la vue sur le lac de Lugano s'est un peu décalée.



Alléchés par le panneau :

"Ponte del Diavolo, 3 min"

nous décidons de faire un petit crochet. Eh bien, déçus sommes-nous si ce Pont du Diable-là consiste en cette tranchée se terminant en goulet, surmontée d'une dalle ridicule et d'une barrière en rondins. Nous avançons encore un peu avec des images de gros rochers et de vallée valaisanne dans la tête avant de faire demi-tour.

Rebroussant chemin en direction du village de Marzio (ici, il y a des panneaux) nous décidons d'effectuer un nouveau crochet inutile en suivant une pancarte "Linea Cadorna, 3 min". Ça doit être les 3 minutes qui ne nous conviennent pas, nous n'avons jamais trouvé trace de ces vestiges mais une villa bien entretenue, apparemment maison d'accueil et de vacances, et un petit roccolo, tour jadis utilisée pour attraper les oiseaux aux filets.


Revenant sur nos pas et là encore, au prochain croisement, devant faire avec l'absence d'indications, nous continuons à suivre la route asphaltée qui va nous ramener au village de Marzio et à ses villas Art Nouveau des débuts 1900, magnifiques, pour la plupart bien entretenues mais aux volets clos. Restes d'une époque dorée où le Varesotto était LE lieu de villégiature des riches familles de Milan qui venaient profiter du bon air frais et du paysage bucolique.

Plus près du centre, l'architecture se gâte avec de petits immeubles années 70 qui n'ont soudain plus rien à voir avec le Liberty ou des lignes de bâtiments qui font plutôt penser à des logements d'ouvriers. Le tout a un petit air de station de ski désuète du fin fond du Jura et en ce mardi de janvier, rien ne bouge. Mais est-ce toujours ainsi ou pas, telle est la question. En tout cas, la boutique de... céramique ne risque pas de rouvrir au printemps prochain. Au coeur du village, on trouvera une belle église assez importante puisqu'elle a la dénomination de Canonica.



On s'en doute, on a même trouvé un urbex assez évident en bord de route mais peu intéressant vu l'état du lieu. Un grand bâtiment, apparemment Liberty lui-aussi, construit à la fin du XIXe siècle, qui a abrité entre 1960 et 1980 une colonie gérée par des bonnes Soeurs accueillant des enfants défavorisés. Poussette d'époque, aspirateur aussi, étages croulants les uns sur les autres et puis c'est tout. Un gâchis de plus.



Notre voiture n'ayant pas bougé, nous décidons de continuer encore un peu sur la Via Madonna degli Alpini vu qu'on nous signale à 500 mètres un restaurant ouvert à toutes saisons. Nous n'aurons pas plus de succès sur ce coup-là, l'établissement est bien présent mais à vendre. Nous revenons sur nos pas en dépassant encore quelques villas des temps perdus.

Mis à part l'aspect assez décati, une fois de plus, de ce village du Varesotto, j'ai bien aimé cette balade aux multiples points de vue. Cette journée d'hiver un peu voilée était idéale mais pour atteindre la perfection, peut-être faudrait-il attendre le début du printemps. En tout cas éviter l'éclosion du feuillage qui pourrait cacher de nombreux dégagements.

À la belle saison, qui sait, peut-être que cette localité oubliée dans les collines reprend vie.


Données "techniques":

Type: boucle et facile

Durée: environ 1h50

Dénivelé: 170 m

Kilomètres: 6

Parking à Marzio, Scima Forcura



  • Au début, ça semble facile. Suivre Belvedere Monterosa, Madonna degli Alpini.

  • Au croisement des cailloux, suivre le 5C.

  • Peu après la clairière et le banc, tirer à gauche/tout droit/sur la crête. Bref, ne pas descendre.

  • Après la Madonna degli Alpini, descendre à gauche mais ne pas manquer de quitter cette petite route en descendant encore sur un sentier (5C et piste Vita) sur la gauche.

  • Pour le Pont du Diable, faut voir...

  • Pour la Linea Cadorna, aussi...

  • Le restaurant du Monte Marzio est fermé.

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Sources et photographies d'époque:

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