• Karin

La porte !

En ce mercredi 28 octobre 2020, entre le show très attendu de notre Berset national et la pose de notre nouvelle porte d’entrée, je ne sais pas ce qui va le mieux faire ma journée.

Pour ceux qui ne suivent pas, il y a une année à la même époque, j’avais commandé à un ébéniste local une nouvelle porte car la nôtre ayant bien vécu nous permettait encore, une fois fermée, de passer le bras dessous pour balayer le paillasson. Oui, il avait pris les mesures, il avait compris que c’était urgent parce qu’on se les gelait, oui il envoyait un devis et s’y mettait tout de suite. En novembre, toujours rien, en décembre c’était les Fêtes qui avaient duré vachement longtemps, en janvier il était revenu car je crois qu’il avait perdu les mesures, en février j’acceptais un devis et en mars on fermait tout.

Quand en approchant le mois de juin j’avais voulu savoir s’il vivait toujours, il s’était excusé de n’avoir pas eu accès à son téléphone pendant des semaines, sa fille scolarisée en privé en ayant eu besoin pour faire l’école à la maison (sic !) Il y en a qui parlent d'Amish pour moins que ça. Ceci avant l’excuse Covid, un truc puissamment utilisé et un peu dans tous les milieux. Puis, le bois était coincé en Italie qui a mis plus longtemps que nous à redémarrer. J’ai compris à ce moment-là que ce n'était pas un travail entièrement local. Il aurait tort de se priver, chez les Ritzouls c’est moins cher. Apparemment, la fermeture des frontières a posé autant de problèmes aux artisans d’ici qu’à nous qui étions en manque de tartuffi. J’ironise, bien sûr. Bref, le matos a finalement pu franchir la douane juste avant la pause estivale. Qui est vachement longue, aussi. A fin août, j’ai réellement espéré en voir la couleur (de ma porte) mais non, c’était pour revenir prendre des mesures. Ici, je me suis dit qu’il fallait vraiment que j’arrête de croire après chaque étape qu’il allait vraiment se mettre au taf. Mauvaise langue, mi-octobre, téléphone, ma porte est prête, il vient la poser à la fin de la semaine. Ah mais non, en fait, il a pas reçu les charnières. Et du moment qu’il m’a au bout du fil, sur la partie vitrée, il met une grille? Je commence sérieusement à me demander si c’est vraiment son métier. Peut-être qu’il est boucher et qu’il fait ça le week-end pour se détendre.


Ancienne porte

Donc, ce mercredi c’est la journée conditionnels. La nouvelle porte devrait arriver, elle devrait ressembler à ce que j’ai demandé, ou pas, et le Conseil fédéral devrait prendre des décisions intelligentes, ou pas, comme imposer le masque à l’extérieur. Le Tessin a pris les devants en début de semaine. 🥴 Chose qui ne sert strictement à rien d’après un certain nombre de médecins et avec un minimum de jugeote. Ah mais oui, pardon, c’est seulement si la distance n’est pas respectée. En Italie, comme le concept n’était pas gérable, c’est devenu obligatoire partout. Même dans une rue déserte, on risque la grosse amende sans son chiffon. Même les enfants en portent. C’est bien pour ça que je ne vais plus m’y promener.

D’après Didier Pittet, médecin-chef du service de prévention des infections aux Hôpitaux universitaires de Genève: "C'est probablement surtout un moyen de rappeler aux personnes qui se croisent l'importance de la distance sociale et de l'hygiène des mains, parce que ce sont ces deux mesures qui limitent la transmission du virus. Le fait d’avoir un masque sur le nez quand on se promène et quand on croise quelqu’un durant quelques secondes n’a aucun intérêt à part le fait de rappeler ces mesures. »

Ainsi, si je comprends bien le discours, ce truc infâme élevé en must et désormais omniprésent ne sert qu’à nous donner l’impression que nos dirigeants agissent lorsqu’ils l’imposent dans les situations les plus saugrenues. Il est également utile, par son impact visuel, pour rappeler à nos petits camarades de se laver les pognes et d’arrêter de nous coller dans la file. Tant qu’à faire, autant nous laisser le choix entre la plume dans le cul et l’hélice sur la tête. Au moins qu’on rigole. Quelle blague! Quelle blague aussi de constater que plus de 7 mois après le début de cette crise, on retourne au point de départ en n’ayant apparemment cherché aucune solution (et je ne parle pas d’un vaccin!), en continuant à avantager impunément les plus forts aux dépends des plus faibles et en n’ayant strictement rien fait, à part des pins, pour revaloriser le personnel de santé qui est au bout du rouleau. Après cela, on y va de son petit discours moralisateur au bas peuple en l’amenant bien gentiment à accepter la doctrine « Métro, boulot, dodo et mets ton masque. »

Et voilà que ma mauvaise humeur me rattrape aussi alors que je cherche quelques idées pour les trois marchés de Noël qu’il me reste après l’annulation des autres. Ah non, en fait, plus que deux, ça vient de tomber.



Pour tout vous dire, je n’ai du coup rien commencé, et surtout pas des bidules masqués. Car mon stock de Noël risque bien de rejoindre dans l’armoire mes poules de Pâques 2020. Qui n’ont d’ailleurs pas pondu d’oeufs entre temps, j’ai vérifié.

Je suis alors allée renforcer mes défenses immunitaires dans notre Malcantone. Lâcher prise, qu’il disait. Cette année, les châtaignes sont un peu misérables même dans "mes coins" mais je parviens tout de même à en ramener un ou deux kilos à chaque fois et on apprend à se contenter de peu, c'est un bon entraînement par les temps qui courent. Et si ça se trouve, dans une année comme aujourd'hui, on sera revenus aux conditions connues par nos ancêtres qui se nourrissaient de châtaignes, de maïs et de chats. Qui vont bien, d'ailleurs, je vous remercie.




Une première escapade m’a emmenée à quelques enjambées d'ici au-dessus de Novaggio, en face du Monte Lema. Une colline où subsiste un remonte-pente mais où le VTT a pris le pas sur le ski. Je n'ai pas trouvé la stèle en mémoire de l'équipage de cet avion américain abattu dans notre maquis en 1945, mais un rocher surmonté d'une croix où, en équilibre sur un pied et préservant avant tout mes châtaignes, j'ai pu m'emplir les mirettes d'un bout du lac de Lugano et de l'horizon.





La surprise sans conditionnel de ce mercredi, c'est que mon éditeur, dans une de ses révolutionnaires mises à jour, ne me permet plus d'ajouter des sous-titres explicatifs aux photos. Merci, Wix. Jour de pluie... Allez, hop, je sors quand même. Depuis quelques temps, Mickey 3D me lancine sur mes ondes radio intérieures. Il faut que tu respires...




Dimanche, ça se lève. Petite marche pour retraités en direction du Maglio di Aranno, ancien moulin à marteau-pilon, et ses rustici en bord de chemin. Non, les sandales ne sont pas à moi.


Une éclaircie, allez hop! en direction du Monte Lema, via Astano, et une boucle qui redescend dans la forêt enchantée.



Lac Majeur

Il faut profiter. Y en a un qu'a dit qu'y avait pas besoin de masque pour se balader en forêt, je sens que nos vallées vont devoir absorber un certain nombre d'abrutis.



Argl, laissez-moi au moins ma forêt enchantée.

Je vous quitte en bâclant un peu, j’ai CF. Depuis le temps que mon copain organise des conférences de presse pour annoncer son intervention de ce mercredi, j’imagine qu’il a eu tout loisir de nous pondre un certain nombre de phrases cultes. Va falloir trier pour les t-shirt. Et moi qui voulais lever les conditionnels du jour avant lui, à l'heure où je suis prête à publier, me voici bien marrie. Car pour en revenir à ma porte, je comptais faire un effet du genre : Ta, da, daaaam...




Tadadam rien du tout, il a pris du retard, les mesures n'étaient pas bonnes et là, il est parti manger.


Dès lors, on aurait peut-être une porte avant d'aller dormir ce soir.