• Karin

Joyeuses Pâques




Lors de la conférence de presse d'hier, 27 mars, Alain Berset « s’attend à ce qu’il n’y ait pas de bouchons au Gotthard aux prochaines vacances. »

Je ne remets pas en doute la responsabilité et le degré d’information de chacun. Mais sachant que les vacances bernoises, par exemple, sont dans une semaine, est-ce qu’on pourrait faire en sorte que la signification de cette phrase sibylline passe le Roestigraben un poil plus vite maintenant?

Hier, le Tessin a eu la permission, attendue depuis à peine moins d’une semaine, de prendre des mesures exceptionnelles parce que son système de santé commence à saturer. C’est la condition sine qua non pour pouvoir en prendre, des mesures. Alors, accepter enfin le fait que les Tessinois soient dans une situation dramatique, puis déconseiller vivement de partir en vacances dans le sud à une certaine partie de la population qui n’a encore rien capté, cela me consterne.

Dans mon canton, l'ironie et le ton de maître d'école de monsieur Berset a vraiment du mal à passer. Tout comme cette autre phrase de son discours d'hier : "Cela fait 11 jours que l'on est dans cette crise". Comme pour justifier le fait de laisser du temps au temps. La Lombardie voisine a été mise sous quarantaine le 8 mars. Deux jours après, le premier malade tessinois décédait. Et lorsqu'il annonce que dans cette crise "on est là où on pensait être", cela a un goût amer pour mes compatriotes.

Nous avons cependant appris que Berne est "en contact étroit avec le gouvernement tessinois et suit de très près tout ce qui y est entrepris." Lorsqu'une journaliste a demandé à monsieur Berset ce qu'il pensait de la mesure prise par le canton en début de semaine de ne pas permettre aux personnes de plus de 65 ans de faire les courses, il n'a pas pu répondre. Il n'était pas au courant.



C'est la première fois que je fais un dessin aussi moche et que je l'assume. Dessinateur de presse, c'est pas pour moi 😅