• Karin

Acte 3

Voici mon petit résumé de la semaine dernière, la n°3 officielle du confinement.

Je ne sais pas comment je vais trouver un titre original à la semaine 28.

Dans la série, la faute aux archives…

La vague s’est propagée sur les réseaux sociaux comme un truc qui commence par c. Tout le monde ou presque a maintenant partagé une photographie de lui enfant, voire un album entier. Il faut savoir que l'élan a d’abord débuté sur Instagram parmi nos adolescents et jeunes adultes. C’est seulement après que le mouvement est arrivé sur Facebook, pour vous dire le réseau de vieux croûtons.

A l’insu de mon plein gré, j’ai participé à la mouvance. Par contre, je n’ai pas tagué dix amis en leur envoyant un message copié/collé qui leur dit qu’il va se passer plein de trucs s’ils font ce qui est écrit. Ces partages, c’est vraiment pas ma tasse de thé. Ça ne l’était déjà pas dans le temps, à l’ère du papier, lorsque pré-ado on recevait une lettre qu’il fallait recopier quinze fois à la main et gare à tes fesses. Tu risquais sinon de rompre une incroyable chaîne interplanétaire et il allait t’arriver des horreurs dans la vie. (C'était donc ça 🧐)

Comme les archives lausannoises ont retrouvé les photographies que j’avais initialement prévues pour ce grand moment, je vais respecter le travail de mineur qui a été effectué et vous fournir un petit bonus.




Merci, Luciano 🥰

Vous vous rendez compte des stories tordantes qu’on aurait pu faire, à l'époque !


Sinon, en ce qui concerne une période plus proche de nous et puisqu’on en est là, est-ce que je vous ai déjà dit que j’avais été maîtresse d’école?





Dans la série, on retrouve des vieux potes…

Une chose incroyable qui se produit également en ce moment, ce sont ces contacts qui se rétablissent depuis nos bulles respectives avec des personnes que l’on avait un peu perdues de vue. Est-ce parce qu’on a soudain plus de temps à nous? Une volonté pour certains de revenir à l’essentiel? Est-ce parce que l’on s’est soudain rendu compte que l’on est mortel, et que nos proches le sont aussi? Mortel, pas comme : un jour, dans longtemps. Mortel, comme : peut-être la semaine prochaine.

L’une de mes retrouvailles récentes s’est faite avec mon ami Franssois, que j’ai dérangé à la fin de son livre de 1336 pages. Je lui ai tout de suite demandé s’il y aurait un tome deux car je pensais qu’il écrivait ses mémoires. Que nenni, il s’agissait du deuxième volet des Piliers de la Terre mais Franssois m’a assuré qu’avec ses futurs écrits à lui, Ken Follet pourrait aller se rhabiller. Même si peu après, soufflé, il m’envoyait en photo les pages 1278 et 1281 qu’il venait de lire dans « Un monde sans fin ». Surprenant.






Ces retrouvailles se sont tellement bien déroulées que Franssois a accepté de lâcher un peu ses mémoires pour télé-travailler avec moi. Vous verrez 😉



Dans la série, fin de poésie…

Cette semaine 3, si vous avez suivi, j’ai aussi couru après une cigogne.


Après avoir reçu mon film, un de mes voisins m’a gentiment remercié en me disant que le héron cendré était spécialiste pour savoir où chercher les poissons dans les étangs de nos jardins.


Ploc.

J’ai donc sonné un coup de grelot à Pully où mon ami Philippe cohabite avec un écureuil et s’y connait bien en queue de milans.



Pour vous dire à quel point la solidarité dans ce bled est incroyable : sans qu’on ait rien eu besoin de demander, et en plus du couple qui attend un bébé, d’autres se sont d’emblée joints à la bande pour déclarer que cela restait notre cigogne à nous.

Remarquez, depuis qu’on sait qu'il s'agit d'un héron cendré, Carla n’est plus revenue.

Dans la série, phrases cultes et dialogues de sourds…


- Tu vas aussi planter des raviolis? (c’est la première chose que j’ai lue sur le bac marqué « radis ».)


- J’ai l’impression qu’on est dimanche, mais en fait on est…

- Dimanche !



Conversations de ruelles

- Il paraît qu’avec le confinement, le taux de divorce va augmenter.

- Oh, je suis sûre qu’au pire, la Protection Civile nous apportera des pâtes.



Extrait de ma lettre en italien (mais je vous jure qu'il devient pas si mal que ça ) : "Je vous propose de créer un groupe Whatsapp des habitants du hameau (je vous entends vous marrer). Le groupe sera utilisé seulement pour les messages importants et pas pour partager des photos ou des choses qui n'ont rien à voir avec les préoccupations des habitants de la C. (Je le dis parce que j'ai vécu des expériences similaires 😂) (Oui, j'ai vraiment écrit ça!) Au début, par exemple, nous pourrions indiquer sur le groupe quand nous allons en commissions et n'avons pas trop à acheter. Ainsi, s'il manque à quelqu'un seulement du pain ou une salade, on peut le lui prendre et éviter les déplacements. " (Vous avez vu la mégotte?)


Plus tard, je croise une voisine.

- C'est gentil, Josiane, de faire les courses pour tout le monde !

😱



Dans la série, pas de politique !

Vous l’aurez peut-être compris, moi, au CF, s’il y en a bien un que je ne peux plus voir en interview, c’est le Fribourgeois.

Il me fait penser à un instit limite chiant et très moralisateur, du style qui explique à des miteux le pourquoi du comment ils ne doivent pas faire de bêtises et en appelle à leur « responsabilité » pendant des plombes. Mais on voit que lui, il n’a jamais dû enseigner pour de vrai. Déjà, il ignore qu’il ne faut pas utiliser des termes que les trois quarts de la classe ne comprennent pas. Et il ne se rend pas compte que pendant qu’il radote, il y en a cinq qui ont pris leur vélo, huit la clé du camping-car et quelques autres qui préparent les grillades ?

Au Tessin, maintenant, Monsieur Berset, il est aussi apprécié qu’un car de touristes d’Appenzell Rhodes-Intérieures qui mangent une pizza aux frites et entonnent une chanson paillarde sur la terrasse de la Piazza Grande.


Elle est longue, cette phrase.

En Suisse romande, un petit vent agacé se lève également un peu, semblerait-il.


C'est pas de moi.

Avant le week-end de Pâques, certains cantons sont déjà en vacances scolaires. Et même avant que celles-ci ne commencent, on a vu plusieurs énergumènes débarquer dans notre sud, en short, tranquilles, se déplaçant par familles entières dans leurs monospaces, arrière-grand-mère et conjoints des ados compris. Si bien que plusieurs syndics d'agglomérations du Malcantone, dont le nôtre, ont demandé de fermer le Gothard et le San Bernardino aux touristes.


Vendredi 3 avril, nous apprenons, via monsieur Berset, que leur demande a été rejetée par le Conseil fédéral. Cela serait, je cite, « un signal catastrophique et une mesure impensable. »

Impensable. Je comprends pas. Moi j’arriverais assez bien à penser pour lui.

1. Sur les panneaux électroniques de l’autoroute, côté sprunz, plutôt que d’écrire qu’entre boire et conduire, il faut choisir, tu tapes : TESSIN : GANZ VERBOTEN !


2. Au pire, tu mets des émoticônes et des dessins.


3. À dix kilomètres du tunnel, ceux qui n’ont toujours pas réussi à déchiffrer, tu les fais arrêter par la police et tu les renvoies fissa dans leurs vraies pénates. Bon, d’accord, tu avais dit : Pas de bouchon ! Et bien, il y en aura un quand même, mais c’est pas comme s’il en allait de notre vie, non plus...

C’est quand même pas compliqué.

Si jamais il y en a d’autres qui ont besoin de mes services, n’hésitez pas. Par contre, je n’ai toujours pas compris le « signal catastrophique ». Pour qui ? Pour quoi ? Vos lumières en commentaires, merci.

Ensuite, toujours ce 3 avril, mon ami a habilement noyé le poisson en se faisant un plaisir de souligner : « La mesure qu’a prise le Conseil d’état tessinois d’interdire aux personnes âgées d’aller faire les courses est contraire à l’ordre fédéral. » Au fond de moi, je le félicite d’être à présent au courant de ce point d’actualité. Il y a une semaine, alors qu'il se vantait d'être en rapport étroit avec les autorités suisses italiennes et de suivre de très près tout se qui se passait sur le terrain, il l'ignorait. Et il conclut en disant qu’il est conscient que le Tessin et ses habitants ont fait des efforts considérables dans la lutte pour le Covid-19. Et comme nos hôpitaux sont à bout, la Confédération leur envoie un rab de matériel.

Nous sommes contents que l’on reconnaisse nos efforts tout en nous appuyant sur la tête pour les réduire à néant.

Et merci pour les respirateurs artificiels.

Salut, Berset, à la prochaine.

Ou pas.

Je vous livre également un petit graphique aperçu ce jour que j’ai vu comme une (jolie) image d’une histoire édifiante.




En épluchant ça, je me dis que si on ergote encore en attendant que les descendants directs de Guillaume Tell bougent leurs culs pour prendre leurs arbalètes, on va quand même vite se retrouver dans la merde. Même qu’on y est déjà. Et que ça fait un moment que je le dis. Mais bon, vous préférez quand je rigole.


Cette semaine, j’ai aussi entendu que du même côté un peu arriéré de notre beau pays, l'UDC - et pas que - estimait que l’on pouvait rouvrir toute l’économie le 20 avril, et pis c'est marre. Y a qu’à porter des masques. Ils sont en train d’arriver de Chine.

Pfff, monde de merde ! dirait mon pote Mimile dans les Vieux Fourneaux.

Pour finir, je viens d’apprendre que monsieur Berset est né le 9 avril 1972.

Ça m’a laissée sans voix un moment. Je vais peut-être aller lui emballer un porte-clé.

Allez, je vous quitte. Prenez soin de vous. Et soyez RES-PON-SABLES !

PS : le Boulet et l’ex-chaton cro mignon vont bien.